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Barème du calcul de l’obligation alimentaire envers les ascendants : le guide

Votre parent entre en EHPAD et vous découvrez le montant des frais d'hébergement. Entre la retraite modeste de votre mère ou père et le coût mensuel de la résidence, un écart important se creuse. Comme des milliers d'aidants familiaux chaque année, vous entendez parler pour la première fois d'obligation alimentaire. Cette notion juridique, ancrée dans le Code civil français, peut sembler complexe et soulever de nombreuses questions : combien devrez-vous payer ? Comment est calculée votre participation ? Existe-t-il un barème officiel ?

Dans ce guide complet, nous vous expliquons tout ce que vous devez savoir sur le barème de calcul de l'obligation alimentaire envers vos ascendants. Vous comprendrez les critères pris en compte, les différentes méthodes de calcul selon les départements, et surtout, comment vous organiser sereinement en famille pour accompagner votre proche âgé.

Qu'est-ce que l'obligation alimentaire envers les ascendants ?

Le cadre juridique de l'obligation alimentaire

L'obligation alimentaire est un devoir de solidarité familiale inscrit dans les articles 205 à 211 du Code civil . Elle impose aux descendants de venir en aide à leurs ascendants lorsque ceux-ci se trouvent dans le besoin et ne peuvent subvenir seuls à leurs besoins essentiels. Cette obligation est réciproque : elle ne s'applique que si le parent a lui-même assumé ses obligations envers ses enfants.

Le terme "alimentaire" ne se limite pas à la nourriture. Il englobe l'ensemble des besoins vitaux : logement, habillement, soins médicaux, frais d'hébergement en établissement spécialisé, et toutes les dépenses nécessaires à une vie digne.

Qui sont les obligés alimentaires ?

Les personnes tenues à l'obligation alimentaire envers un ascendant sont  :

  • Les descendants directs : enfants et, dans certains cas, petits-enfants
  • Les alliés : gendres et belles-filles (sauf exceptions prévues par la loi)

Attention, changement important : depuis la loi "bien vieillir" du 8 avril 2024, les petits-enfants ne peuvent plus être sollicités dans le cadre d'une demande d'aide sociale à l'hébergement (ASH) .

Certaines personnes sont dispensées de l'obligation alimentaire  :

  • Les enfants retirés de leur milieu familial par un juge pendant plus de 36 mois cumulés durant leurs 18 premières années
  • Les enfants dont le parent a été condamné comme auteur d'un crime ou d'une agression sexuelle contre l'autre parent
  • Les enfants dont les parents ont gravement manqué à leurs obligations parentales (article 207 du Code civil)

Les formes de l'aide alimentaire

L'obligation alimentaire peut s'exprimer de plusieurs manières  :

  • Versement d'une pension mensuelle directement au parent ou à l'établissement
  • Prise en charge de frais spécifiques : loyer, courses, soins médicaux, frais d'hébergement en EHPAD
  • Accueil au domicile de l'obligé alimentaire
  • Aide en nature : fourniture de nourriture, vêtements, services d'aide à domicile

Les critères pris en compte pour le calcul

Les besoins du parent créancier

Le premier critère est l'état de nécessité de votre parent . Le département ou le juge évalue précisément :

Ses ressources disponibles :

  • Pensions de retraite (de base et complémentaires)
  • Revenus du patrimoine (locatifs, intérêts de placements)
  • Prestations sociales : allocation personnalisée d'autonomie (APA), allocation logement
  • Épargne mobilisable

Ses dépenses incompressibles :

  • Frais d'hébergement en EHPAD ou en résidence pour seniors
  • Soins de santé non remboursés par l'Assurance maladie
  • Dépenses courantes : alimentation, habillement, produits d'hygiène
  • Frais liés à la perte d'autonomie

Le reste à charge correspond à la différence entre les besoins et les ressources. C'est cette somme qui sera répartie entre les obligés alimentaires.

Vos capacités contributives

Le second critère fondamental est votre capacité à contribuer . Contrairement aux idées reçues, toutes vos ressources sont prises en compte, y compris les revenus non saisissables :

Vos revenus :

  • Salaires et revenus d'activité professionnelle
  • Revenus de remplacement (allocations chômage, pensions d'invalidité)
  • Revenus du patrimoine (fonciers, mobiliers)

Vos charges :

  • Composition de votre foyer (nombre de parts fiscales)
  • Crédits en cours (immobilier, consommation)
  • Loyer ou charges de propriété
  • Autres obligations alimentaires (enfants à charge, autre parent à aider)

Le principe de proportionnalité est essentiel  : vous ne payez qu'en fonction de vos moyens réels. Un obligé alimentaire aux ressources modestes contribuera moins qu'un obligé aux revenus confortables.

La situation familiale

Lorsque plusieurs enfants sont obligés alimentaires, la répartition tient compte  :

  • Du lien de parenté : les enfants contribuent généralement davantage que les gendres et belles-filles
  • De la capacité contributive individuelle de chaque obligé
  • Des circonstances familiales particulières

Le barème départemental : des règles qui varient

Pourquoi il n'existe pas de barème national

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n'existe pas de barème légal unique en France pour calculer l'obligation alimentaire . Cette compétence relève des conseils départementaux dans le cadre de l'aide sociale. Chaque département définit donc ses propres critères et méthodes de calcul, tout en respectant les principes généraux du droit.

Exemples de barèmes départementaux

Le modèle basé sur la capacité contributive (exemple : Côtes d'Armor)

Ce département applique la formule suivante :Contribution = Capacité contributive × Taux de participation

La capacité contributive se calcule en tenant compte de vos revenus après déduction d'un minimum vital (équivalent au SMIC net) et du nombre de parts fiscales de votre foyer.

Le taux de participation est progressif, allant de 3 % à 27 % selon votre capacité contributive. Les obligés dont les ressources sont inférieures à 1 206 € ou dont la capacité contributive est inférieure à 600 € par mois sont dispensés de participation.

Le modèle basé sur le lien de parenté (exemple : Pas-de-Calais)

Ce département applique des taux différenciés selon le degré de parenté :

  • 100 % des revenus excédant le SMIC net pour les conjoints ou partenaires pacsés
  • 25 % pour les enfants
  • 12,5 % pour les gendres et belles-filles ayant des enfants avec le débiteur
  • 12,5 % pour les petits-enfants (hors demande d'ASH)

Comment connaître le barème de votre département ?

Pour obtenir des informations précises sur les modalités de calcul dans votre département :

  • Consultez le règlement départemental d'aide sociale (disponible en ligne)
  • Contactez votre Centre communal d'action sociale (CCAS)
  • Adressez-vous au service de l'aide sociale de votre conseil départemental

Comment est fixé le montant : à l'amiable ou par le juge ?

La fixation à l'amiable : la solution privilégiée

La loi encourage les familles à s'entendre à l'amiable sur le montant de l'aide à apporter . Cette solution présente de nombreux avantages : elle préserve les liens familiaux, évite les procédures judiciaires longues et coûteuses, et permet une adaptation souple aux évolutions de chacun.

Nos conseils pour une répartition équitable  :

  1. Organisez une réunion familiale pour évaluer ensemble la situation
  2. Établissez un budget précis des besoins de votre parent
  3. Analysez les ressources de chaque obligé en toute transparence
  4. Définissez une contribution proportionnelle aux moyens de chacun
  5. Formalisez l'accord par écrit pour éviter les malentendus

N'oubliez pas que cet accord peut être révisé si la situation de votre parent ou la vôtre change significativement.

L'intervention du juge aux affaires familiales

Si aucun accord amiable n'est possible, le Juge aux contentieux de la protection (anciennement Juge aux affaires familiales) peut être saisi . Cette procédure intervient généralement en cas de désaccord entre obligés, de refus de contribuer, ou de contestation du montant fixé par le département.

Le juge convoque les parties, examine les justificatifs de revenus et de charges, et rend une décision motivée et juridiquement contraignante. Il fixe la contribution de chaque obligé en tenant compte des besoins du créancier et des capacités de chacun. Cette décision a un caractère évolutif : elle peut être révisée si les circonstances changent.

Les montants moyens observés

Selon les données de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) de juin 2023  :

  • Le montant moyen de la pension alimentaire versée à un ascendant non marié bénéficiaire de l'ASH s'élève à 270 € par mois
  • Pour la moitié des obligés, la contribution est supérieure à 210 € par mois
  • Un quart des obligés alimentaires payent plus de 380 € par mois

Ces montants varient évidemment selon la situation particulière de chaque famille et le département concerné.

L'obligation alimentaire et l'aide sociale à l'hébergement (ASH)

Lorsque votre parent ne peut pas assumer seul le coût de son hébergement en EHPAD, il peut solliciter l'aide sociale à l'hébergement (ASH) auprès du conseil départemental . Cette aide est subsidiaire : elle n'intervient qu'après mobilisation des ressources du demandeur et des obligés alimentaires.

Le département évalue les ressources de votre parent et sollicite les obligés alimentaires via un formulaire de ressources. Il fixe ensuite la contribution de chaque obligé selon son barème départemental.

Le montant de l'ASH se calcule ainsi  :ASH = Frais d'hébergement - (Participation du résident + Participation des obligés alimentaires)

Pour en savoir plus sur ce dispositif essentiel, consultez notre guide complet sur l'ASH en EHPAD.

Les avantages fiscaux à connaître

Bonne nouvelle : les sommes que vous versez au titre de l'obligation alimentaire sont déductibles de votre revenu imposable . Cette déduction permet d'alléger le poids financier de votre contribution.

Conditions de déductibilité :

  • Justifier de l'état de besoin de votre parent
  • Prouver la proportionnalité entre l'aide versée et les besoins réels
  • Conserver tous les justificatifs : virements bancaires, factures, reçus

Vous déclarez ces sommes dans la case 6GU de votre déclaration de revenus .

Si vous accueillez votre parent chez vous et qu'il est dans le besoin, vous pouvez déduire une somme forfaitaire de 3 968 € (pour les revenus 2023) . Si cette somme est insuffisante, vous pouvez déduire vos dépenses réelles, sous réserve de les justifier.

Attention : votre parent doit également déclarer les sommes qu'il reçoit, sauf s'il bénéficie de l'ASPA ou dispose de ressources très modestes.

Que faire en cas de difficulté ?

Se soustraire à l'obligation alimentaire sans motif légitime constitue un délit d'abandon de famille , passible d'une amende de 15 000 € et d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à deux ans.

Cependant, vous pouvez légitimement refuser si :

  • Vos ressources sont insuffisantes pour assurer votre propre subsistance (article 208 du Code civil)
  • Votre parent a gravement manqué à ses obligations parentales
  • Vous avez été victime de maltraitance ou d'abandon

En cas de désaccord familial, plusieurs solutions s'offrent à vous  :

  • La médiation familiale avec un professionnel neutre
  • L'accompagnement par une assistante sociale
  • La consultation d'un avocat spécialisé en droit de la famille

Si votre parent est sous mesure de protection juridique comme une tutelle ou une curatelle, les démarches peuvent être différentes. N'hésitez pas à vous renseigner spécifiquement sur ces situations.

Conclusion

Le calcul de l'obligation alimentaire envers vos parents repose sur un équilibre délicat entre leurs besoins réels et vos capacités contributives. Bien qu'il n'existe pas de barème national unique, les principes restent les mêmes partout en France : proportionnalité, équité et solidarité intergénérationnelle.

Cette obligation n'est pas une charge imposée arbitrairement, mais l'expression d'un lien de solidarité familiale qui traverse les générations. Elle reconnaît que nos parents nous ont soutenus dans notre enfance, et qu'il est naturel de les accompagner à notre tour lorsqu'ils en ont besoin.

N'hésitez pas à vous faire accompagner par les services sociaux, les médiateurs familiaux ou les professionnels du droit pour trouver la solution la plus juste pour votre famille. Et rappelez-vous : les avantages fiscaux peuvent alléger significativement le poids de cette contribution.

Besoin d'aide pour trouver un établissement adapté ?

Chez Zenior, nous comprenons que financer l'hébergement d'un proche âgé représente un défi important pour de nombreuses familles. Au-delà de l'obligation alimentaire et de l'ASH, il existe des solutions pour optimiser votre budget et trouver l'établissement qui correspond à vos besoins et à vos moyens.

Nos experts vous accompagnent gratuitement pour :

Évaluer précisément le budget nécessaire selon la situation de votre proche

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